jeudi, 05 février 2009
suite... affaire Kouchner !
Une première réponse juridique et politique pertinente.
Pour un strict cumul des mandats et pour un vériatble statut de l'élu!
L'analyse d'Yves Olivier Stéfanovitch,écrivain
"Le monde selon K.", le livre du journaliste Pierre Péan sur Bernard Kouchner
L'auteur de "Le Sénat - Enquête sur les super privilégiés de la République" (éd. du Rocher), qui revient sur la polémique Kouchner, propose de légiférer.
- Etes-vous surpris par l'affaire Kouchner ?
Elle ne m'étonne pas du tout. Les hommes politiques sont souvent lancés malgré eux dans un cercle infernal, une sorte de spirale qui se résume à l'obligation d'exister. Politiquement et donc financièrement. La tendance est au toujours plus pour ces élus qui profitent de l'absence de statut réel pour cumuler mandats, indemnités et notes de frais.
- Tous les politiques seraient donc pourris ?
Non, il faut arrêter avec le "tous pourris". Il vaut mieux chercher la transparence. Comprendre pourquoi les politiques sont dans un système de parrainage et de privilèges que la mentalité française accepte. On aime les petits rois, on admire parfois ceux qui réussissent, même en mélangeant argent et pouvoir.
- La situation économique mise en regard des sommes brassées par ce monde politique ne peut-elle pas inverser ces mentalités ?
Les gens vont difficilement pardonner à Bernard Kouchner, eu égard à son côté french doctor, très près de la morale. Il est une caricature. Un homme de la société civile qui aime le pouvoir et l'argent, puisque les deux vont ensemble. Les gens commencent à en prendre conscience grâce à internet où circulent les chiffres. Le président du Sénat qui touche 24 000 euros par mois, ça dépasse l'entendement. Mais les mentalités changent lentement. C'est pourquoi la solution est de légiférer.
- Dans quel sens ?
Aujourd'hui, 90 % des parlementaires cumulent des mandats, contre 45 % au début de la Ve République. En France, contrairement à l'étranger où ce cumul n'existe pas, la classe politique ne se renouvelle pas, elle se professionnalise et devient propriétaire de ses mandats. Il faut légiférer en donnant un vrai statut à l'élu, en lui offrant un salaire plutôt que des indemnités. On arrêtera l'ère du toujours plus.
22:18 Publié dans lu dans la presse | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


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